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Hispano Suiza Type J12

Code 1706, coupé chauffeur, 1934

Pourquoi est-ce un incontournable ?

Cet exemplaire code 1706, sorti d’usine le 10 décembre 1934 et livré carrossé par Kellner le 6 mars 1935, constitue une image exemplaire du style classique avant l’avènement de l’aérodynamisme. Seules quelques touches de modernisme, notamment sur le dessin des ailes, sont apportées à l’impeccable esthétique de ce coupé dont le premier propriétaire fut M. Mollard.

Espace chefs-d'oeuvre

Au début des années 30, les Américains sortent des voitures de luxe puissantes et silencieuses qui ébranlent la suprématie d’Hispano-Suiza et de Rolls-Royce. En effet, ces derniers ont dominé, de 1919 à 1930, le monde de l’automobile de haut luxe. Mais Hispano réagit très rapidement, précédent Rolls-Royce de quelques années. Ainsi, dès la fin de 1931, la firme de Bois-Colombes lance une super-voiture, le type J12. Marc Birkigt, le responsable technique de la firme, n’y va pas de mainmorte avec un 12 cylindres en V de 9,4 litres développant 200 chevaux dans un silence quasi parfait. La distribution aux soupapes type aviation avec arbre à cames en tête des précédents modèles Hispano Suiza est remplacée ici par des culbuteurs, obtenant ainsi un silence quasi absolu.

 

Deux châssis furent proposés aux clients. Au vu de la taille de ce coupé chauffeur, le châssis « normal » est déjà impressionnant. Quant au « long », il était certainement difficile à utiliser dans le trafic urbain, même à l’époque. Les nombreux équipements à la disposition du chauffeur permettaient d’améliorer le confort des passagers (comme les amortisseurs réglables à partir du tableau de bord) ou la sécurité de conduite (comme le servofrein).

 

Lors de sa sortie, la presse est unanime : on vante le silence, les performances, les qualités routières et la sécurité du freinage de ce bel animal d’1,5 tonnes intronisé d’emblée comme l’une des meilleures voitures du monde. Il n’y a aucune raison de renier aujourd’hui ce jugement.

 

120 exemplaires de la J12 seront produits jusqu’à ce qu’Hispano arrête la production automobile. La Cité de l’Automobile en conserve trois, dont ce coupé-chauffeur.

En détail

La fameuse cigogne, emblème de la marque, rappelle les exploits de l’aviateur Guynemer, qui inspira le constructeur.

Le saviez-vous ?

La renommée des Hispano-Suiza inspirera à Pierre Frondaie son roman L’homme à l’Hispano paru en 1924, et aux cinéastes Julien Duvivier en 1926 et Jean Epstein en 1933 leurs films éponymes.